Les langues et cultures étrangères à la faculté des lettres de l’université de Strasbourg (1838-1967)

Une histoire entre conflits et diversification

Une histoire culturelle et institutionnelle de la faculté des langues étrangères à l’université de Strasbourg, de 1870 à 1967, par l’un de ses témoins privilégiés, ancien doyen de la faculté et président de l’université Marc-Bloch de Strasbourg.

Cet ouvrage, fruit d’un important travail de documentation, retrace l’introduction progressive des langues et cultures étrangères étudiées à Strasbourg : 26 en 1967, 29 en 2023. Il en analyse la diversification dans le contexte de l’histoire de la faculté des lettres et de l’université, en faisant une large place aux témoignages de ses acteurs. Cette histoire, binationale et mal connue, débute avec la création, en 1838, de la première chaire de littératures étrangères, suivie par la création de la première chaire d’études anglaises, par l’Allemagne, en 1872. Les évolutions, les errements parfois, des disciplines de référence – romanistique, germanistique, anglistique… – sont présentés en relation aux confrontations entre l’Allemagne et la France.

Au lendemain de la défaite française de 1870 et de la réorganisation complète des disciplines enseignées à l’université de Strasbourg devenue « Kaiser-Wilhelms-Universität », fut créée en 1872 la première chaire d’études anglaises en Europe. Cette nouveauté contribua de manière significative à l’institutionnalisation de l’anglistique. L’histoire de l’enseignement et de la recherche dans les autres langues et cultures modernes y prend alors le pas sur la traditionnelle confrontation des langues latine, allemande et française. Ces dernières – langue nationale et langue étrangère, langue de la patrie ou de l’ennemi – sont liées à l’histoire de la ville et de son université, comme c’est le cas du dialecte alsacien, dont l’emploi reste majoritaire en Alsace au-delà de 1946.

Cette histoire binationale, indissolublement liée à celles de la philologie romane et de la germanistique, fait de l’université et de sa faculté des lettres une pierre de touche pour les comparaisons. Elle explique l’introduction des nombreuses autres langues vivantes. L’histoire des langues est aussi associée aux percées réalisées dans d’autres domaines scientifiques, notamment à la faculté des lettres en histoire ou en sciences sociales.

Remerciements

Préface – Michel Deneken

Liste des abréviations

Introduction

 

Première partie. Du gymnase à la Kaiser-Wilhelms-Universität – Langues : des répétiteurs aux philologues

1. La faculté des lettres et la première chaire de littérature étrangère (1810-1870)

1.1. L’université de Strasbourg avant le xixe siècle

1.2. La faculté des lettres et la pérennité des études classiques

1.3. Frédéric Guillaume Bergmann et la chaire de littérature étrangère en 1838

1.4. La pression pour les langues modernes

1.5. Conclusion


2. La Kaiser-Wilhelms-Universität (1870-1918). La querelle des chaires de langues et les errements de la philologie

    2.1. La Kaiser-Wilhelms-Universität : le contexte socio-historique et les projets

    2.2. La création de la Philosophische Fakultät et la querelle des deux chaires

  2.3. Les chaires de romanistique, de germanistique et d’anglistique

   2.4. La question des langues modernes (1870-1918)

2.5. Éléments pour un bilan

2.6. Une philologie victorieuse ?


Deuxième partie. La refondation et les années 1920 – L’ouverture aux langues et cultures étrangères

3. Le retour à la France et la refondation

3.1. L’installation de la nouvelle université française

3.2. Le contexte scolaire et la question des langues

3.3. Les facultés

3.4. La faculté des lettres et les langues

3.5. Conclusion : le paradoxe de l’allemand


4. Les années 1920, vers l’université « idéale » ? La multiplication des instituts de langues et l’augmentation des étudiants étrangers

 4.1. La dynamique des années 1920

4.2. La faculté des lettres des années 1920

4.3. Les années 1920 et l’essor des langues modernes

4.4. Les années 1920, une conclusion


Troisième partie. La montée des périls et l’université en guerre – Langues : enjeux politiques et relations internationales

5. Les années 1930, continuité et menaces

    5.1. Les évolutions des années 1930

5.2. La faculté des lettres des années 1930

5.3. Les années 1930, la politisation et la question des langues

5.4. Conclusion

 

6. L’université de Strasbourg résistante contre la Reichsuniversität (1941-1944). Langues : l’asservissement idéologique

    6.1. La Reichsuniversität à Strasbourg (1941-1944)

6.2. L’université de Strasbourg à Clermont-Ferrand (1939-1944). Langues : la continuité autant que faire se peut


Quatrième partie. De la seconde refondation à la rupture (1945-1967). Langues : seconde diversification et politique des diplômes

7. La seconde refondation et les années 1945-1956

7.1. Le retour à Strasbourg

7.2. Les années 1945-1956

7.3. Conclusion pour la période 1945-1956


8. Les années 1956-1967 et les prémices de nouvelles mutations

8.1. Le contexte local et national

8.2. Les évolutions des années 1956-1967

8.3. La faculté des lettres des années 1956-1967

8.4. La faculté des années 1956-1967 : dispersion ou cohérence ?


9. Les langues modernes 1956-1967 : menaces et perspectives. Innovations pédagogiques et technologiques

9.1. Les langues modernes 1956-1967

9.2. Les instituts de LVE à la veille de la rupture de 1968

9.3. Conclusion


Conclusion

Postface – Anne Bandry

Annexes

Liste des tableaux

Liste des échantillons des programmes de langues vivantes étrangères

Sources et bibliographie

Crédits iconographique

Table des matières

Sous la direction de : Hamm Albert
Préface de : Deneken Michel
Postface de : Bandry-Scubbi Anne
Première édition
Nombre de page : 462
Dimensions (Lxl) : 24 x 16.5 cm
CLIL : 3116 - Anthropologie sociale et culturelle
BISAC : HIS035000

28,00  TTC

Sous la direction de : Hamm Albert
Collection : Sciences de l'histoire
Date de parution : 12/09/2023
Nombre de pages : 462
EAN : 9791034401529

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