Les Cahiers philosophiques de Strasbourg n°24/2008

Que faire de la communauté ?

Indéniablement, « communauté » n’est pas un bon mot. Historiquement utilisé à l’excès, tiré de tous côtés, forgé pour se rassurer et résorber l’autre, pour l’englober et en limiter l’existence, ce mot arrive à nous épuisé, consommé ou même vidé – vide d’un…

Indéniablement, « communauté » n’est pas un bon mot. Historiquement utilisé à l’excès, tiré de tous côtés, forgé pour se rassurer et résorber l’autre, pour l’englober et en limiter l’existence en l’enfermant dans des schèmes normalisés, davantage que pour partager la vie ou ouvrir l’existence à sa pluralité constitutive, ce mot arrive à nous épuisé, consommé ou même vidé – vide d’un trop plein.
En ce sens, se sentir appelé aujourd’hui à « penser la communauté », veut dire d’emblée accueillir au sein de l’interrogation philosophique un défi tout à fait particulier, car ce défi se présente déjà sous le signe de la défaite de la pensée. On le sait, toute déduction philosophique avancée pour fonder l’idée de communauté, toute réponse forte, essentielle, capable d’en affirmer la fonctionnalité politique, a fini inéluctablement par faire de l’individu quelque chose qui ne compte pour rien, sauf à être dépassé, sacrifié. La communauté ne peut se donner à penser en termes d’essence que sur le fond d’une légitimation de la domination transcendante.
Quel est alors l’enjeu de ce volume ? Le défi des textes ici rassemblés est celui d’un « par-delà » : penser la communauté par-delà son essence, ou assumer ce défi par-delà sa défaite. Il s’agit en d’autres termes d’entendre dans le mot « communauté » ce qui la travaille d’une façon souterraine, avant même que l’on puisse prétendre répondre positivement à son appel : l’irréductibilité de notre être-avec, sa passion, sa force, sa faiblesse, son histoire ou plutôt ce sans quoi il n’y aurait pas d’histoire. C’est pour cette raison que nous avons toujours partie liée avec la communauté, et qu’il y a encore lieu de la penser.

Sous la direction de : Potestà Andrea
Numéro Numéro 24
Première édition
Langue : français
Nombre de page : 250
Dimensions (Lxl) : 205 x 145 mm
CLIL : 3126 - Philosophie
BISAC : PHI000000
THEMA : QD

18,00  TTC

Sous la direction de : Potestà Andrea
Thématique(s) :
Date de parution : 01/12/2008
Nombre de pages : 250
EAN : 9782354101947

Voir également

La philosophie de la religion de Kant

La philosophie de la religion de Kant

de la "Critique de la raison pure" jusqu’à "La religion dans les limites de la simple raison"
Ruscher Frédéric
Pour la toute première fois en français, l'édition augmentée de la thèse d’Albert Schweitzer sur la philosophie de Kant, dans laquelle le pasteur, médecin et prix Nobel de la paix alsacien élabore les prémisses de sa thèse du « respect de la vie ».
ARTEFACT n°23/2025

ARTEFACT n°23/2025

L’architecte et l’usine
Jeanroy Audrey, Buffa Géraud, et Pierrot Nicolas
Dessine-moi une usine ! À l’heure où la réindustrialisation de la France est un enjeu politico-économique majeur, retour à travers des exemples du XXe siècle sur la place et le rôle de l’architecture et des architectes dans la conception des usines.
Les Cahiers philosophiques de Strasbourg n°58/2025

Les Cahiers philosophiques de Strasbourg n°58/2025

Lou Andreas-Salomé, une philosophie du féminin
Arnould Ondine et Salanskis Emmanuel
Retour sur l’œuvre de Lou Andreas-Salomé, trop souvent reléguée au rang de simple muse ou admiratrice alors qu'elle a développé une féconde et originale philosophie du féminin.
Préférant miséricorde à rigueur et sévérité de justice

Préférant miséricorde à rigueur et sévérité de justice

Lettres de pardon des ducs de Lorraine au XVIIe siècle
La société d’hier était-elle vraiment plus violente que celle d’aujourd’hui ? Une passionnante histoire de la justice et des crimes et délits au XVIIe siècle à travers l’analyse des centaines de lettres de pardon des ducs de Lorraine.

Inscrivez-vous
pour être tenu informé de notre actualité et de nos parutions

Nous ne spammons pas !
Consultez notre politique de confidentialité
pour plus d’informations.