Quand Strasbourg accueillait Calvin, 1538-1541

Quand Strasbourg accueillait Calvin, 1538-1541

Édité par Matthieu Arnold
Date de parution : oct. 2009

De septembre 1538 à septembre 1541, Jean Calvin (1509-1564) a passé, à Strasbourg, les années les plus sereines, et, sans doute, les plus fécondes de son existence : pasteur de l'Église des réfugiés français, professeur à la Haute École dirigée par Jean Sturm, il a collaboré de manière fructueuse avec Martin Bucer et les autres Réformateurs strasbourgeois. C'est à Strasbourg qu'il a trouvé, en Idelette de Bure, « l'inégalable compagne de [ses] jours ». C'est là, surtout, qu'il a rédigé la version française de sa célèbre Institution de la religion chrétienne (1541), premier véritable traité théologique en langue française.
Les quelques 130 pièces exposées à l'occasion du 500e anniversaire de sa naissance proviennent presque toutes du riche patrimoine littéraire et iconographique strasbourgeois (Bibliothèque nationale et universitaire, Archives de la Ville et de la Communauté urbaine, Médiathèque protestante) ; de précieux manuscrits y côtoient des impressions du 16e siècle rarissimes, voire uniques.
Ces documents témoignent des multiples facettes de l'activité de Calvin à Strasbourg : l'auteur de l'Institution... ; le pasteur, à la fois prédicateur, catéchète, auteur d'une liturgie française et compositeur de cantiques ; le professeur, brillant commentateur de la Bible ; le Réformateur marqué par la division de la chrétienté, s'illustrant tour à tour dans des écrits de conciliation et dans des traités polémiques. L'exposition présente aussi la riche historiographie strasbourgeoise relative à Calvin, aux 19e et 20e siècles (d'Édouard Reuss à Jean Rott), ainsi que le « fonds Sarrau » : quinze lettres autographes reçues par Calvin entre 1541 et 1563, données récemment à la Faculté de Théologie protestante par le comte Gérald de Sarrau et mises en dépôt à la Bibliothèque nationale et universitaire.
Le présent ouvrage et l'exposition qu'il accompagne n'approfondissent pas seulement notre connaissance de Calvin durant les années où Strasbourg lui accorda l'hospitalité ; ils visent aussi à frayer l'accès à la pensée du Réformateur, puisée aux sources originales du 16e siècle et éclairée par ses interprètes les plus avertis.