Nouveauté

Utopies de la gratuité

Droit, économie, esthétique et histoire des arts
Presses universitaires de Strasbourg
Date de parution : sept. 2022
Collection - Arts-Correspondances

L'art serait-il une activité foncièrement désintéressée ? Ce qu’il offre à voir ou donne à entendre relèverait-il d’une attitude authentiquement altruiste et dénuée de contrepartie ? Autrement dit, l’art serait-il synonyme de gratuité ? Ainsi posée, cette formule semble renvoyer à une forme de naïveté idéaliste, a fortiori dans un contexte social où l’art n’a rien d’inestimable. Le gratuit confine alors au vain et au douteux car ce qui ne coûte rien ne compte pour rien.

Qu’ils examinent les arts de la scène ou ceux des écrans, les contributeurs de ce volume mettent en évidence une concordance de postures artistiques qui visent à déjouer les lois du marché pour défendre le principe inaliénable d’un art pour tous. Ils montrent aussi que cette utopie toujours vivante de la gratuité n’est pas seulement réactivée par la pseudo liberté d’accès sur les non-lieux des réseaux et de la toile ; elle se revendique tout autant dans des stratégies créatives où l’économie de moyens, la récupération ou l’acte gratuit sont les gages précieux d’une liberté qui n’a pas de prix.

Jean-Pierre Perchellet

Jean-Pierre Perchellet (†2017), maître de conférences HDR en études théâtrales à l'université de Strasbourg (ACCRA), spécialiste du théâtre français du XVIIIe siècle, et du Groupe de Coppet, est l’auteur de L’Héritage classique : la tragédie entre 1680 et 1814 (Honoré Champion, 2004), de Simone Balayé 1925-2002 (Société des études staëliennes, 2003), et d’articles sur les publics des théâtres parisiens aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il a réalisé l’édition critique des Œuvres complètes, vol. 3 et 4 de Benjamin Constant (M. Niemeyer, 1993 et 2005), des Œuvres complètes (Honoré Champion, 2008), et d’Un deuil éclatant du bonheur : Corinne ou l’Italie (Paradigme, 2000) de Madame de Staël.