Nouveauté

Utopies de la gratuité

Droit, économie, esthétique et histoire des arts
Presses universitaires de Strasbourg
Date de parution : sept. 2022
Collection - Arts-Correspondances

L'art serait-il une activité foncièrement désintéressée ? Ce qu’il offre à voir ou donne à entendre relèverait-il d’une attitude authentiquement altruiste et dénuée de contrepartie ? Autrement dit, l’art serait-il synonyme de gratuité ? Ainsi posée, cette formule semble renvoyer à une forme de naïveté idéaliste, a fortiori dans un contexte social où l’art n’a rien d’inestimable. Le gratuit confine alors au vain et au douteux car ce qui ne coûte rien ne compte pour rien.

Qu’ils examinent les arts de la scène ou ceux des écrans, les contributeurs de ce volume mettent en évidence une concordance de postures artistiques qui visent à déjouer les lois du marché pour défendre le principe inaliénable d’un art pour tous. Ils montrent aussi que cette utopie toujours vivante de la gratuité n’est pas seulement réactivée par la pseudo liberté d’accès sur les non-lieux des réseaux et de la toile ; elle se revendique tout autant dans des stratégies créatives où l’économie de moyens, la récupération ou l’acte gratuit sont les gages précieux d’une liberté qui n’a pas de prix.

Geneviève Jolly

Geneviève Jolly, professeure en arts du spectacle à l'université de Strasbourg et membre de l’EA 3402 ACCRA, a publié Dramaturgie de Villiers de L’Isle-Adam (L’Harmattan, 2002), et Jean-Luc Lagarce, Derniers remords avant l’oubli et Juste la fin du monde (Atlande, 2011). Elle a dirigé Vives lettres, no 15, Espaces textuels, espaces scéniques (université Marc Bloch de Strasbourg, 2004), Problématiques d'une œuvre. I. Colloque de Strasbourg, vol. 1 (Les Solitaires intempestifs, 2007), Le Réel à l’épreuve des arts (L’Harmattan, 2008), et co-dirigé Interaction entre le vivant et la marionnette : des corps et des espaces (Artois Presses Université, 2018).